Déclaration d'intention du responsable des visites
Notre enquête a commencé en juillet 2005.
Elle représente à ce jour plus de 8500 établissements (EHPAD, Maisons de retraite, USLD, PUV, Foyers logement, Résidence services) visités dans 92 départements différents, et amène un constat :
Si tout n'est pas parfait, nous avons l'honnêteté de dire sans complaisance que, sous les efforts de l'État, de la Caisse d'Allocation Maladie, de la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (via les programmes d'aide à la modernisation), des Conseils Généraux, des Institutions de Retraite, des associations, et des grands réseaux, l'ensemble des établissements français est en général de bonne qualité ainsi que les prestations proposées.
Le parc actuel est une mosaïque de structures inégales qui ne cesse d'évoluer.
Si les disparités sont encore nombreuses, si l'humanisation de certains lieux est à revoir, si des manques de personnel existent, la vision, que nous en avons est cependant très éloignée de l'image que la presse et les médias relaient régulièrement, et que la majorité des français s'en font.
Ce sentiment est renforcé par les transformations et les mises aux normes que nous constatons depuis cinq ans.
Nous ne venons pas du milieu médico-social, nous ne le revendiquons pas, nous ne sommes pas non plus des militants, simplement des observateurs indépendants avec des yeux d'aidants.
Notre démarche en 10 points.
1: La seule question et la ligne directrice qui prévôt est simple « Confierions-nous nos propres parents à cet établissement »
2: Nos visites sont toujours anonymes. Notre but n'est pas de piéger les établissements mais de ne pas bénéficier d'accueil privilégié, ni de susciter la crainte.
3 : L'équipe est petite, les visites sont faites sur tout le territoire, elles sont croisées afin que la notation soit égale, notre sensibilité lissée et notre objectivité préservée.
4 : Nous ne jugeons jamais la qualité des soins portés dans les établissements par le personnel, ni du bien fondé des unités fermées pour personnes désorientées, ni de l'utilisation des neuroleptiques pour les personnes agitées etc....car cela dépasse nos compétences. Qui peut d'ailleurs juger la qualité d'un médecin coordonnateur, d'une infirmière ou d'un psychologue?
Seule la composition de l'équipe pluridisciplinaire est prise en considération (psychologue, psychiatre, ergothérapeute, psychomotricien, kiné, AMP, médecin coordinateur).
5 : Nous ne notons pas la qualité d'accompagnement, mais nous savons que c'est une chose essentielle dans une structure. Elle touche à l'humain, n'est pas mesurable et varie d'un personnel à l'autre au sein d'un même établissement. Nous prenons cependant en compte la chaleur, l'ambiance ou l'humanité qu'un établissement peut dégagé.
6 : Nous ne sommes ni St juste, ni l'école des fans de Jacques Martin et nous savons aussi que le regard que nous portons rentre dans une catégorie, que certains sociologues, classeraient de bourgeois urbains.
7 : Quelle que soit la note attribuée à un établissement, il présente toujours une utilité sociale dans le manque de structures actuelles.
8 : Quelle que soit la note attribuée à un établissement, elle ne remet pas en cause le dévouement ou la gentillesse du personnel. Nous pensons que l’ambiance relève plus d’une dynamique que d’un bon ratio personnel/résident.
9 : Nous n'avons aucun préjugé que ce soit privé, associatif ou publique, seule la qualité des prestations ou le rapport qualité-prix nous intéressent.
10 : Les notes attribuées reposent sur des critères définis et sont pondérées par l'impression générale. Elles ne sont pas fixes et peuvent évoluer selon la progression des tarifs, des rénovations réalisées sur la structure ou des prestations complémentaires apportées.
Notre jugement est un instantané, notre guide une simple aide pour vous accompagner dans vos démarches, mais ne vous soustrait pas de visiter vous même des établissements afin d'avoir votre propre avis.
Barème de notation
BARÈME DE NOTATION
NOTE/10
QUALITÉ DE
L'ENVIRONNEMENT
1
Cœur de village, proximité de commerce, vue panoramique, verdure
QUALITÉ
DU BÂTIMENT
0,5
Bâtiment de prestige, construction neuve adaptée
NOMBRE ET QUALITÉ
DES LIEUX DE VIE
0,5
Chapelle, salle de jeu, salon de coiffure, bibliothèque, balnéothérapie, salle d'animations, restaurant, hall d'accueil
Entretien des lieux, odeurs, propreté des résidents, propreté des chambres
ATTENTION DU PERSONNEL
1
Disponibilité, dévouement
RAPPORT QUALITÉ/PRIX
1
Prestations/coût
PONDERATION DE LA NOTE
Impression d'ensemble
Barème d'évaluation.
4 grandes catégories.
Il existe encore aujourd'hui de très grandes différences de prestations entre les EHPAD ou les Foyers logement.
Noté de 8 à 10 ce sont de très bons ou d'excellents établissements, soit en prestations soit en rapport qualité/prix et quelque fois les deux.
Noté 7 ou 7.5 ce sont de bons établissements aux normes, sans forcément être luxueux mais toujours avec des prestations complètes.
Noté 6 ou 6.5 ce sont des établissements moyens au confort sommaire, pas toujours équipés de douches privatives, au standing ordinaire mais dans un cadre digne.
Noté 5.5 et en dessous ce sont des établissements médiocres, sans confort, plus aux normes, souvent froids, que nous souhaiterions voir rénové ou fermé. Ils sont déjà pour la plupart dans le collimateur des autorités. Déconseillés.
Qu'est ce que le meilleur:
Ce sont les constructions de dernière génération et que nous préconisons.
C'est à dire des établissements aux normes, de plain-pied (certes difficile en milieu urbain pour des raisons budgétaires) fonctionnels pour les résidents, comme pour le personnel.
D'une centaine de lits afin d'être économiquement plus viable, mais composés de petites unités de 12 à 14 chambres individuelles par niveau de dépendance.
Des lieux de vie nombreux, confortables, cassant le sentiment de grandeur, le tout dans un cadre humanisé, plaisant et verdoyant.
Une hygiène parfaite, et une décoration soignée.
Une cuisine traditionnelle réalisée sur place, car l'un des derniers grands plaisirs des personnes âgées est la restauration.
Des animations régulières et variées, des possibilités d'excursions ou de sorties.
Une équipe de soins complète et un projet de vie pour chaque résident.
Et bien sûr pour finir, un bon rapport qualité/prix.
Qu'est ce que le pire:
Ce sont les structures vieillissantes de 30 à 40 ans, dans des bâtiments non adaptés, qui ne répondent plus aux normes, et dont le glissement de la moyenne d'âge (87/ 89 ans) et de la dépendance des nouveaux résidents accentuent davantage leur manque évident de fonctionnalité.
Un cadre austère, un intérieur sans âme.
Sans confort, ni douche individuelle, et avec des lieux de vie sommaires.
Une hygiène correcte difficile à maintenir.
Une restauration sans saveur, généralement réalisée par une cuisine centrale,
Peu d'animations, peu de sorties par manque de véhicule ou de personnel.
Il en reste malheureusement encore une très grande quantité.
Quelque fois on trouve ces deux extrêmes, dans la même zonegéographique, sous la même direction, et chose encore plus surprenante au même tarif.
DIVERS
Certains établissements annoncent des délais de plusieurs années, souvent par gloriole, une façon de montrer qu'ils sont très sollicités pour leur qualité ou leurs tarifs. Une liste d'attente de plus de neuf mois n'est pas réaliste. En effet, les candidats, souvent dans l'urgence, postulent dans plusieurs maisons - ce que nous vous engageons largement à faire - et pas dans une exclusivement. Ces fameuses listes d'attente sont souvent constituées de personnes déjà installées ailleurs, très satisfaites, ne désirant plus déménager.
Les chambres : individuelles ou collectives.
La chambre individuelle est un critère décisif pour certains. Pour d'autres, non. En effet, il y a des personnes qui prennent goût à la compagnie d'un colocataire - notamment les dames, mais les normes actuelles les font disparaître.
La salle de douche.
C'est un moins indiscutable pour les établissements que de proposer aujourd'hui des chambres sans salle de douche (les normes actuelles l'exigent). Nos enquêteurs ont rencontré des établissements haut de gamme accueillant des personnes très dépendantes, qui proposent aussi des salles de bains dites « balnéo », plus confortables et plus ludiques.
Le salon de réception.
C'est un lieu vital dans l'établissement - lieu convivial, de rencontres, d'échanges. Plus il est bruyant, plus il est rassurant car plein de vie. Idéalement, dans un salon, des résidents peuvent s'assoupir, papoter, pendant que d'autres suivront une animation. C'est un espace commun à tous.
Les animaux de compagnie.
Hormis les résidences services, rares sont les établissements qui acceptent les animaux. Il y a parfois un chien ou un chat qui sert de mascotte à toute la maison, mais les raisons d'hygiène les écartent le plus souvent.
L'aide sociale.
Tous les établissements ne sont pas habilités à l'aide sociale. Les maisons de retraite privées commerciales en sont exclues, toutefois cinq ans après son admission, un résident peut en faire la demande, si ces ressources ne sont plus suffisantes. L'aide sociale est réservée aux personnes les plus démunies, n'étant pas imposables. Avant d'en faire bénéficier une personne, un rappel est fait aux enfants de leur obligation alimentaire. Si le candidat a un bien, une hypothèque sera prise, et le remboursement des frais avancés par l'aide sociale sera effectué lors de la liquidation de son patrimoine avant distribution aux héritiers. Si le candidat est totalement indigent, l'aide sociale ne sera pas remboursable.
La situation géographique.
Le milieu urbain convient parfaitement aux personnes valides et autonomes, qui pourront avoir une vie sociale inchangée, et aux accompagnants - conjoint et enfants - car il facilite leurs visites. Mais il faut savoir que le foncier urbain a un coût qui se retrouve dans le prix de journée.
Le milieu rural offre quant à lui une très grande diversité de paysage.
Les animations.
C'est un élément essentiel dans une maison de retraite, un repère, un rendez-vous dans la journée. Ces animations évitent l'isolement, la solitude et maintiennent l'activité cérébrale et motrice des résidents. Certaines maisons de retraite organisent des sorties - les candidats ne sont pas si nombreux -, leur rôle étant de convaincre sans contraindre. La plupart des établissements célèbrent les fêtes du calendrier et les anniversaires des résidents - des moments précieux pour tous.
Le culte.
Il est souvent œcuménique, sauf pour les établissements tenus par des religieux. Les curés, les pasteurs, les rabbins et les imams visitent régulièrement les maisons de retraite. Un bon accueil leur est toujours réservé.
La médicalisation.
Un établissement médicalisé n'est pas un hôpital. Il dispose d'un médecin coordinateur, à demeure ou non (il suit les résidents, coordonne les soins, renouvelle les ordonnances), d'une ou plusieurs infirmières référentes et salariées qui, entre autres fonctions, gèrent les médicaments, préparent les piluliers (aucun médicament n'est laissé aux résidents), d'aides-soignantes et d'auxiliaires de vie.
Seuls les établissements signataires de la convention tripartite - signée par la maison de retraite, le Conseil Général et la Ddass - peuvent se déclarer médicalisés et appliquer une tarification avec GIR (Groupe Iso Ressources).
Le Groupe Iso Ressources (GIR)
Chaque candidat à une maison de retraite est évalué - selon une grille éditée par les services de santé - pour connaître ses capacités intellectuelles et sa motricité, de 6 à 1.
Les personnes valides et autonomes seront classées 6 ou 5.
Les personnes semi-valides seront classées 4 ou 3.
Les personnes dépendantes seront classées 2 ou 1.
Cette évaluation est renouvelée chaque année pour apprécier l'évolution du résident, modifier éventuellement les soins, estimer l'attention et la surveillance qui doivent lui être apportées.
Les tarifs.
Les foyers logements et les résidences services donnent généralement des tarifs mensuels de loyer, la restauration étant en sus.
Les établissements non médicalisés affichent des prix de journée tout compris.
Enfin, les établissements, publics comme privés, proposent des tarifs hébergement hors GIR. Il faut alors ajouter le coût de la dépendance du résident, qui varie selon sa classe. Le prix de la classe varie selon le département. Chaque année, le département impose et publie son coût. De département en département, le coût est sensiblement le même.
Il y a trois classes :
- GIR 1 et 2, coût autour de 15 euros par jour,
- GIR 3 et 4, coût autour de 9 euros par jour,
- GIR 5 et 6, coût autour de 4 euros par jour.
L'allocation personnalisée d'autonomie (APA) prend en charge le coût de la dépendance, mais laisse à l'intéressé le règlement du ticket modérateur, équivalent au coût d'une classe GIR 5 et 6.
L'APA est consentie à tous, et varie selon les conditions de ressources.